Comment avoir le mental de Kobe Bryant ?

Publié le 8 février 2020

Comme tous les sportifs et encore plus les basketteurs, j’ai été touché par la mort de Kobe Bryant. Cet article est une manière pour moi de lui rendre hommage. Ici, je vais me concentrer sur le plan mental de son jeu. Tout le monde reconnaissait sa force mentale incroyable, la « mamba mentality » comme on l’a appelé. Je vais vous donner des conseils pour développer votre mental et essayer de tendre vers la mamba mentality. Nous allons voir qu’est ce qui caractérise le mental de Kobe Bryant et comment l’obtenir ?

Je précise que je n’ai jamais pu rencontrer, parler ni avoir d’entretient avec Kobe Bryant. Mon analyse ne provient que de ce qu’il a pu dire ou faire publiquement.

Le mental de Kobe Bryant: Obsédé

Voici le point principal de la Mamba mentality. Le point qui fait l’excellence du mental de Kobe Bryant. C’est précisément ce qui l’a amené à être MVP, remporter 5 titres NBA, être doublement médaillé d’or olympique, avoir été nommé 18 fois All-star (en 20 saisons), et j’en passe encore beaucoup ! Le mental de Kobe Bryant était une véritable arme de guerre. Il avait un certain talent de base, bien-sûr. Mais son niveau, il l’a indéniablement atteint par le travail.

C’est son obsession pour le basket-ball qui l’a transformé en un travailleur fou, un acharné. Kobe est potentiellement l’une des personnes qui s’est le plus entrainé au basketball de l’histoire de l’humanité, et ce alors qu’il n’a vécu que 41 ans. Le mental de Kobe Bryant l’a poussé à s’entraîner tous les jours pendant plusieurs heures et ce pendant ses 20 années de carrière NBA et plus une dizaine d’année déjà avant de rejoindre la grande ligue. Pour lui le basket-ball était bien plus qu’un jeu, c’était l’œuvre de sa vie.

Le mental de Kobe Bryant: son éthique de travail

On a toujours souligné son éthique de travail incroyable. Et il existe des tas d’anecdotes sur cette éthique de travail. Notamment sur le fait qu’il pouvait s’entrainer à toute heure et particulièrement très tôt le matin. Pour illustrer, par exemple, il a  montré la marche à suivre à toute l’équipe Américaine lors des Jeux olympiques de 2008 en se rendant bien plus tôt que prévu à l’entrainement, avant l’heure fixée par le coach. Comme il en avait l’habitude en fait. Certains membres de l’équipe comme Dwayne Wade ou Lebron James ont commencé à le rejoindre dans ses entrainements matinaux. Ensuite c’est tout team USA qui a rejoint le petit groupe. Ils ont formé une incroyable équipe qu’on a appelé la Redeem Team et ont remporté les Jeux Olympiques de 2008.

Le mental de Kobe Bryant: Un étudiant du jeu

Kobe était un vrai obsédé du basketball. Il se considérait comme un étudiant du jeu, il voulait constamment en apprendre plus. Il observait les matchs fréquemment. Mais il ne regarde pas un match comme vous et moi avec une bière affalé dans le canapé. Kobe Bryant analyse un match, il observe chaque action, il en retire les points positifs et négatifs. Il observe ce qu’il doit reproduire et incorporer dans son jeu ainsi que ce qui ne marche pas et qu’il doit éviter de faire. Ensuite, en tant qu’étudiant assidu il fait son maximum pour appliquer tout ce qu’il apprend. Il avait compris que si le savoir était inutilisé, il ne servait à rien. Son état d’esprit l’a poussé à transformer son savoir en savoir-faire.

Le mental de Kobe Bryant: Les relations

Le mental de Kobe Bryant a également été développé par ses relations. Il utilisait ses relations pour devenir meilleur au basket. Un dicton populaire dit que nous sommes la moyenne des 5 personnes que nous côtoyons le plus. Kobe s’est beaucoup inspiré de Michael Jordan, qu’il considérait comme un grand frère, il l’a aidé à comprendre certains rudiments du jeu mais également à développer son mental. Kobe demandait encore conseils à d’autres grands du basket tels qu’Hakeem Olajuwon, Larry Bird, Magic Johnson, Bill Russel, Jerry West ou Oscar Robinson. Il voulait connaitre leur manière de travailler et leur vision du jeu. Il s’est inspiré de tous ces grands pour créer sa propre identité en tant que joueur.

Et il ne s’est pas arrêter la ! Il arrivait à Kobe d’appeler des businessmen qui ont du succès dans leur domaine pour comprendre comment ils faisaient, qu’est ce qui les motivait, pourquoi faisaient-ils ça ? Plus qu’un  étudiant du jeu, il était même un étudiant du succès et de la performance. Le mental de Kobe Bryant l’a poussé à s’inspirer des plus grands en prenant contact avec eux et en tirant le maximum des différents apprentissages qu’il a pu recevoir.

La particularité de Kobe

Effectivement, nous l’avons dit Kobe Bryant était obsédé par le jeu. Mais, j’ai pu repérer chez lui une chose que je n’ai jamais repérée chez aucun autre sportif : Il existe un concept assez connu en préparation mental qui s’appelle « Le flow » ou « la zone ». Le flow est un état psychologique optimal, un état dans lequel absolument plus rien ne compte d’autre que la tâche que nous faisons. Nous ne sommes plus vraiment un être humain à part entière, nous nous résumons à la tâche que nous sommes en train de faire. Plus rien d’autre ne compte à ce moment-là, vous ne pouvez pas ressentir la faim dans cet état, de même pour la soif ou la fatigue, vous ne percevez pas le temps qui passe. Cet état est difficile à obtenir. 

Le flow

Le flow est une notion floue, on ne sait pas toujours si on était vraiment dans le flow à un moment du match, et si oui pendant combien de temps on y a été. Des fois on sera dans un flow incroyable, c’est souvent le cas quand les sportifs font des performances largement supérieures à ce qu’ils ont l’habitude de faire, ex: les 81 pts de Kobe en un match. Parfois on sera dans un flow plus modéré, on sera « simplement » très bon et on parviendra à reproduire ces gestes que l’on ne parvient pas souvent à faire. On sera très efficace par rapport à ce que l’on est capable de faire. Et souvent on sera bon (ou pas) sans être dans le flow. Il existe donc différentes intensités dans le flow.

C’est pour moi en cela que le mental de Kobe Bryant était remarquable : Il parvenait à prendre la décision qu’il allait rentrer dans le flow. Avant chaque match Kobe écartait absolument toute distraction et prenait cette décision de se concentrer uniquement sur le match, et cela commençait déjà des heures avant le match. Ainsi, à chaque match ou presque il donnait tout ce qu’il avait. Kobe pratiquait régulièrement la méditation, cette pratique lui a été inculquée par son coach Phil Jackson. Grâce à la méditation il avait une bonne capacité de concentration ce qui lui permettait de rentrer plus facilement dans l’état de flow.

Comment être dans le flow?

Csikszentmihalyi est le chercheur qui a inventé la notion de flow, il a donné 5 points nécessaire à son obtention :

  • une perception d’un équilibre entre ses compétences personnelles et le défi à relever
  • une centration de l’attention sur l’action en cours
  • des feedback clairs
  • des sensations de contrôle sur les actions réalisées et sur l’environnement
  • l’absence de stress, d’anxiété et d’ennui ainsi que la perception d’émotions positives (ex : bien-être, plaisir).

 En bref

Si vous voulez parvenir à rentrer dans le flow vous devez être capable de répondre aux exigences du match pour parvenir à être utile à votre équipe et l’aider à acquérir la victoire. Vous êtes un joueur de niveau départemental propulsé dans un match de niveau national ? Vous risquez de ne pas remplir ce critère par exemple. La logique est la même dans un sport individuel.

Il faut avoir une bonne capacité de concentration de manière à pouvoir vous concentrer uniquement sur le match et ce qui se passe à ce moment précis du match. Etre capable de ne pas ruminer vos mauvaises actions précédentes. Pour développer votre capacité de concentration vous pouvez utiliser la méditation. J’ai écrit ici un article expliquant en quoi le Yoga Nidra (une méthode de méditation) peut aider les sportifs.

Vous devez être capable de savoir si ce que vous faites est bien ou non. Généralement, en sport vous le savez selon votre vision des choses ainsi que, grâce au feedback de votre coach ou de vos coéquipiers.

Il faut se sentir capable de pouvoir influencer le cours des choses. Vous devez être conscient qu’une erreur de votre part contribuera à une moins bonne performance et inversement un bon jeu de votre part contribuera à une bonne performance.

Votre niveau de stress doit être optimal, vous ne devez pas être trop stressé ni tendre vers l’endormissement. Pour vous aider à ce niveau vous pouvez télécharger mon e-book gratuit (disponible grâce à la fenêtre pop-up). Vous pouvez également consulter mon article à ce sujet.

Le mental de Kobe Bryant: La tête sur les épaules

On peut penser en lisant cet article que le mental de Kobe Bryant était pathologique. Qu’il était un fou, un réel obsédé du basket, qu’il ne voyait que cela. Mais Kobe a toujours eu la tête sur les épaules. Beaucoup pensaient qu’il allait faire une dépression lors de son après carrière car le basket était toute sa vie. Il n’en fut rien :

« Non, ça ne me manque pas. Non, c’est fou mais j’ai commencé à jouer à l’âge de 2 ans et je suis resté 20 ans en NBA. Tout ce que j’ai maintenant, ce sont les enseignements que j’ai tirés de ce sport et que j’ai portés avec moi jusqu’à aujourd’hui. Le basket ne m’a jamais vraiment quitté. Physiquement oui mais émotionnellement et dans les choses que j’écris, tout vient de ce sport. Ça fait toujours partie de moi. Il faut que les autres athlètes qui vont suivre comprennent qu’une carrière professionnelle a forcément une fin et que ce n’est pas grave. » 

Kobe Bryant

Pas de regrets

Kobe dit avoir toujours été conscient qu’il n’y a pas que le basket dans la vie. Mais que malgré cela, il a tout de même fait le choix de vraiment se concentrer sur le basket pendant sa carrière pour ne pas avoir de regret ensuite. Il ne voulait pas se dire : «J’aurais pu faire cela en plus ». Pendant la pause des vacances d’été (qui dure 5 mois), il se consacrait toujours beaucoup à sa famille, mais bien sur à l’entrainement aussi. Il n’y avait pas de place pour le superflus dans sa vie.

C’est pour ces raisons que sa santé mentale était bonne, même à son entrée en retraite. Certains joueurs ont une moins bonne santé mentale à ce moment-là, le mental de Kobe Bryant lui n’a pas flanché. Il a trouvé de nouveaux buts et s’est servi de tous les enseignements tirés du basket pour les accomplir. Et ce, notamment en ce qui concerne l’organisation, la rigueur et l’autodiscipline. C’est de cette manière qu’à la retraite il a écrit un court-métrage « Dear Basketball » et gagné un Oscar pour ce court-métrage.

Conclusion

 Le mental de Kobe Bryant est ce qui l’a poussé à devenir la machine à abattre le travail qu’il était. C’est ce qui l’a conduit jusqu’au sommet de la NBA à plusieurs reprises. Durant sa carrière Kobe a fait preuve d’un mental sans failles, lui permettant de traverser de nombreuses épreuves, dont de lourdes blessures. Il a réussi en plus de son obsession pour le basket à développer une capacité incroyable : celle de se mettre en mode guerrier pour le match, celle d’activer le flow sur commande. Si Kobe est incontestablement une légende du basket et l’un des meilleurs joueurs que ce sport ait connu, ce n’est pas pour rien. Sur le plan mental, Kobe Bryant était clairement hors norme et beaucoup d’entre nous devrions s’inspirer de lui.

 Si vous voulez vous imprégner encore plus de la mentalité de jeu de Kobe Bryant et rentrer à l’intérieur de son esprit pour mieux le comprendre. Je vous invite à lire le livre qu’il a écrit « Kobe Bryant – Mamba mentality, ma façon de jouer».   En achetant le livre par ce lien, 8% me seront reversés (sans que vous ne payez rien en plus). C’est une bonne manière de soutenir mon travail.

 

Sources :

https://www.youtube.com/watch?v=VSceuiPBpxY

https://www.youtube.com/watch?v=K_Ej9hWha3A

Demontrond, P. & Gaudreau, P. (2008). Le concept de « flow » ou « état psychologique optimal » : état de la question appliquée au sport. Staps, 79(1), 9-21. doi:10.3917/sta.079.0009.

Navel, A. & de Tychey, C. (2011). Les déterminants de la qualité du processus de reconversion sportive : revue de littérature. Bulletin de psychologie, numéro 513(3), 275-286. doi:10.3917/bupsy.513.0275.

Scott, H. J., Schutte, N. S., & Brown, R. F. (2016). Effects of a mindfulness intervention on sports‐anxiety, pessimism, and flow in competitive cyclists. Applied Psychology: Health and Well-Being8(1), 85–103. https://doi-org.bases-doc.univ-lorraine.fr/10.1111/aphw.12063

https://trashtalk.co/2017/04/25/kobe-bryant-retraite-epanoui-basket-ne-me-manque/

Rédigé par SportMental

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